vendredi 1 août 2014

Le Donon

Publié initialement le 22 août 2010


Profitant d’une belle journée ensoleillée de mois d’août, phénomène assez rare dans nos régions cette année, j’ai décidé d’aller me balader au Donon. Un quart d’heure après être parti j’aperçois déjà le fameux sommet qui se profile à l’horizon…

Arrivé au col entre les deux Donon je prends le chemin qui monte directement au sommet. Bien sur il y a déjà des randonneurs mais pas trop. Le chemin est relativement facile et hormis quelques passages ou il suffit de faire un peu attention je n’éprouve pas de difficultés particulières.

Sur le coté droit du chemin je m’arrête quelques instants à une pierre à bassin monumentale dont l’eau recueillie dans ses cavités était sensée avoir des vertus curatives et peut-être même magiques. D’autres exemples, partout en France, de ce type de mégalithes situés généralement dans des lieux élevés, attestent de l’universalité de ces pratiques.

Tout au long du parcours des plaques en pyrolave expliquent de façon claire les particularités de celui-ci et ce qu’il y a à voir.

J’arrive à l’escalier monumental, construit pour accueillir l’Empereur Guillaume II, qui d’ailleurs ne le gravit jamais, comme l’atteste la plaque apposée à son pied.

Après l’avoir emprunté et arpenté les sous-bois, j’arrive à la clairière ou se trouve un ensemble de huit stèles. Celles-ci, qui sont en fait des reproductions de celles trouvées sur site et dont les originaux se trouvent désormais dans les musées d’Epinal et de Strasbourg, représentent des dieux celtes : Teutatès, Vogesus, Cernunnos, Taranis mais aussi Mercure le messager des dieux romains.

Situé au confluent de quatre départements, Bas-Rhin, Meurthe et Moselle, Moselle et Vosges le massif a de tous temps été un lieu de passage, de rencontre et de culte. Des vestiges remontant au néolithique y ont été retrouvés. Des peuples celtes : Leuques, Médiomatriques, venus de l’actuelle Lorraine et Triboques d’Alsace en firent un lieu de culte à leurs divinités. Ces peuplades celtes dont les vestiges se retrouvent un peu partout dans nos régions y célébraient sur le sommet un culte à leurs dieux. Mercure, dieu du commerce et des voyages, importé par les Gallo-romains au 1er siècle de notre ère supplanta bientôt ceux-ci et le sommet du massif lui fut dès lors consacré.

Après une tentative de retour vers le 3ème siècle les dieux celtes furent définitivement délogés par le Christianisme à partir du 4ème siècle. Leur retour au 18ème siècle se fit par l’entremise des frères Alliot, tous deux religieux, qui mirent à jour les premiers vestiges témoins de cette époque et furent donc les initiateurs de l’archéologie moderne du site du Donon.

Face aux stèles, d’autres vestiges, ultimes blocs de pierres rescapés de la construction de la pyramide géodésique qui se trouvait à l’emplacement du monument actuel, constituent d’autres preuves du caractère religieux du site depuis des temps fort reculés. A coté se trouve la citerne qui selon la légende serait une des entrées de l’Enfer. Mais pourquoi donc choisir un lieu élevé ? Alors qu’il serait bien plus simple de choisir une grotte dans la vallée…

Un sentier tracé à travers la lande sommitale ou dominent fougères, genêts et sorbiers permet de rejoindre le sommet ou j’accède en passant en contrebas du temple édifié en 1869. Celui-ci, d’inspiration gréco-romaine et voulu par Napoléon III a remplacé la pyramide géodésique bâtie en partie en utilisant sans vergogne les matériaux archéologiques du site.

Sur la dalle sommitale une massive table d’orientation de bronze, faisant face aux Vosges et au plateau Lorrain, brasse l’horizon d’Athènes à Reims, contrées situées bien au delà de la portée du regard. A l’horizon dans la direction de Raon-sur-Plaine mais bien au delà se trouve la colline de Sion, seule élévation de terrain notable dans son secteur et probablement visible avec une bonne paire de jumelles.

Partout sur la dalle des inscriptions gravées dans le roc attestent du passage de visiteurs. Le temple lui-même de facture pseudo antique et qui pour l’anecdote mainte fois colportée aurait été le lieu de conception de Victor Hugo, hypothèse démentie selon certains Lunévillois œuvrant dans le domaine culturel, est bâti en blocs massifs de grès rose. L’endroit est empreint d’un romantisme certain.

De l’autre coté du temple une seconde table d’orientation située dans l’axe de Saint-Pétersbourg et Berlin fait face à l’Est. Là aussi l’horizon est grandiose. L’espace dégagé devant le temple offre un magnifique point de vue sur le petit Donon qui culmine quelque dizaines de mètres plus bas.

Les randonneurs commencent à arriver. J’entreprends la descente jusqu’au sentier situé quelque peu en contrebas qui ceinture en partie le massif. Fougères et sorbiers des oiseleurs sont partout présents. Des points de vue dégagés s’offrent au regard. Au loin on peut voir le parc éolien du Haut des Ailes situé à 60 kms à l’est de Nancy. Terminus, le sentier remonte vers la table d’orientation Est. Pour la deuxième fois je redescends du sommet et, empruntant le sentier utilisé pour l’aller, je regagne le col du Donon.

































Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire